Pensée Baverdage

De la France à la Pologne – Décembre nous a rappelé les dangers du changement climatique

Il y a une longue ligne qui relie ce qui s’est passé le mois dernier en Europe et dans le monde : nous n’avons pas eu besoin du grand discours de Sir David Attenborough pour nous rappeler la menace que représente le changement climatique pour le monde entier, et pendant qu’à Katowice, en Pologne, la COP24 avait lieu, les Gilets Jaunes ont marché contre le gouvernement français dans les rues de Paris, une manifestation provoquée par la décision de relever la fiscalité du carburant.

La proposition française était en principe correcte : réduire les émissions de CO2, en réduisant et en décourageant les comportements et les pratiques qui favorisent les émissions, tant pour les consommateurs que pour les producteurs.
La proposition a été accueillie avec colère et perçue comme une taxe sur les citoyens ordinaires et, dans une certaine mesure, elle l’était, mais elle était peut-être incomplète. Il n’incitait pas les gens à modifier leur comportement, comme par exemple en optant pour une voiture électrique, qui reste chère pour les citoyens de la classe moyenne.
Ce n’est pas la première fois que le pays de Visegrad accueille une Conférence des Parties de l’ONU sur le climat, c’est en 2013, à Varsovie lors de la COP19, événement préparatoire de la COP21 de Paris 2015 qui a donné naissance à l’Accord de Paris.

La décision de l’accueillir en Pologne était déjà controversée à l’époque (l’année précédente, elle s’était tenue au Qatar, qui a récemment abandonné l’OPEP pour passer au gaz naturel plutôt qu’au pétrole), car la Pologne dépend trop du charbon, ce qui a toujours compromis les efforts de l’UE pour décarboniser l’économie.

Au cours de la conférence de cette année, le président polonais Duda a réitéré la volonté de la Pologne de continuer à compter sur le charbon : on ne peut pas prétendre que la COP24 a bien démarré et l’accord final reste certainement une déclaration politique, qui diminue certainement les engagements pris à Paris et consacrés par un accord contraignant ambitieux qui n’a pas été pleinement mis en œuvre.
Le résultat obtenu à Paris il y a trois ans a été un grand succès international de la présidence néerlandaise et de la présidence française de la COP menée par les ministres Laurent Fabius et Ségolène Royal : La politique de Macron s’inscrit parfaitement dans cette logique car l’environnement en France reste un sujet multipartite.

L’un des premiers à proposer une taxe carbone européenne a été Nicolas Sarkozy, et l’idée a également été adoptée par les candidats à l’élection présidentielle de 2017 pour les élections primaires des républicains français d’appliquer aux produits américains en cas de retrait de l’accord de Paris.

La dépendance de la France à l’égard de l’énergie nucléaire est également un facteur de ses faibles émissions de CO2 par rapport à d’autres pays européens (comme l’Allemagne et l’Italie) et Macron entend ouvrir la voie à une moindre dépendance nucléaire et plus d’énergies renouvelables, un projet ambitieux.

Cette période fait suite à une période de succès politique des Verts à travers l’Europe (Allemagne, Belgique, Luxembourg), mais existe-t-il un consensus populaire sur ce qu’il faut faire pour lutter contre le changement climatique ? Ces derniers événements nous amènent à la conclusion qu’il n’y en a pas.

Un défi radical exige une réponse radicale, mais radicale peut aussi signifier impopulaire : ce n’est pas seulement le monde industriel ou entrepreneurial qui contribue au changement climatique, mais aussi nous, citoyens ordinaires, avec nos actions quotidiennes.

Lutter contre le changement climatique, c’est aussi ajuster nos modes de vie, et trop souvent les gens résistent au changement.

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